Depuis des semaines, le nom d’Arber Xhekaj circule partout dans la LNH. À Philadelphie. À Calgary. À Seattle.
Le Kraken aurait également manifesté de l’intérêt à différents moments de l’été, cherchant toujours à ajouter davantage de robustesse à sa brigade défensive. Les Penguins de Pittsburgh, les Blackhawks de Chicago, les Rangers de New York, les Jets de Winnipeg, les Sénateurs d’Ottawa et même les Blues de St. Louis auraient aussi effectué des vérifications sur la disponibilité du défenseur montréalais.
Et selon ce qui circule dans le milieu, plusieurs autres équipes auraient également appelé Kent Hughes pour vérifier sa disponibilité.
Avec un défenseur de 25 ans, mesurant 6 pieds 4 pouces, pesant près de 240 livres, capable de changer complètement le ton d’un match avec une mise en échec ou un combat, il était inévitable que le téléphone sonne.
Surtout que Xhekaj est toujours joueur autonome avec compensation et qu’il n’a toujours pas signé son nouveau contrat. Tout semblait donc pointer vers une éventuelle transaction. Pourtant, le dossier prend aujourd’hui une direction complètement différente.
La véritable surprise n’est pas que les équipes veulent mettre la main sur Xhekaj. Ça, tout le monde le savait déjà. La surprise, c’est que selon David Pagnotta, les Canadiens n’ont jamais donné l’impression qu’ils cherchaient activement à s’en départir.
Oui, Kent Hughes écoute les appels, comme le ferait n’importe quel directeur général responsable. Oui, Philadelphie demeure l’une des formations les plus insistantes. Mais il n’y a toujours aucune négociation avancée, aucune transaction imminente et, surtout, aucune indication que Montréal cherche à liquider son défenseur.
Hum.
Si on se fie uniquement à l’utilisation qu’en fait Martin St-Louis, tout le monde ou presque croyait que Xhekaj finirait par partir.
Pendant les séries éliminatoires, il n’a joué qu’un peu plus de huit minutes par match. Lors d'un match, il a joué à peine plus d'une minute et s'est retrouvé dans les gradins plus souvent qu'à son tour.
Toute la saison, son temps de glace a constamment alimenté les débats. Martin St-Louis l'a toujours méprisé. À partir de là, une conclusion semblait logique : si ton entraîneur ne croit pas en lui, pourquoi le conserver?
Or, Kent Hughes semble voir les choses d’une tout autre façon.
Selon plusieurs recruteurs avec qui les équipes adverses auraient discuté, le directeur général du Canadien fixe la barre extrêmement haute lorsqu’il est question de Xhekaj.
Selon ce qui circule, Hughes ne considérerait absolument pas un simple choix de deuxième ronde comme une compensation acceptable.
Au contraire, il valoriserait Xhekaj comme un actif majeur, au point où certaines formations auraient eu l’impression qu’il fallait offrir une valeur équivalente à un choix de première ronde pour amorcer une véritable discussion.
Voilà qui aurait refroidi plusieurs clubs.
Les Flyers de Daniel Brière, notamment, continueraient de démontrer beaucoup d’intérêt. Ce n’est pas surprenant. Philadelphie a toujours aimé les défenseurs physiques capables de protéger leurs coéquipiers et d’imposer une présence intimidante.
Xhekaj correspond parfaitement à cette identité. Mais selon les informations qui circulent, les discussions n’ont jamais réellement progressé parce que Montréal n’aurait tout simplement pas aimé les offres déposées sur la table.
On se rappellera notamment qu’un scénario impliquant Rasmus Ristolainen a longtemps alimenté les conversations. Selon plusieurs informations rapportées au cours des derniers mois, Philadelphie aurait exigé qu’Arber Xhekaj soit accompagné d’un choix de première ronde.
Une demande qui aurait immédiatement refroidi Kent Hughes. À partir du moment où le Canadien doit ajouter un premier choix en plus de son défenseur de 25 ans, la discussion perd énormément de son intérêt.
Voilà pourquoi plusieurs dirigeants commencent à trouver le dossier étrange.
Tout le monde appelle.
Tout le monde veut connaître le prix.
Mais personne ne semble capable de convaincre Kent Hughes. Pire encore, le DG a peur de le sacrifier pour pas se faire ramasser par l'opinion public du Québec qui adore le shétif.
Même la situation contractuelle ne change pas vraiment la dynamique. Xhekaj demanderait, selon ce qui circule, un contrat de transition se situant quelque part entre 2,5 et 3 millions de dollars par saison, alors que l’offre du Canadien serait plutôt dans une fourchette d’environ 2,1 à 2,3 millions.
On est loin d’un écart insurmontable. Rien ne laisse croire que les deux parties ne finiront pas par s’entendre.
D’ailleurs, plusieurs recruteurs se demandent aujourd’hui si le fait que Xhekaj n’ait pas demandé l’arbitrage ne démontre pas qu’il croyait peut-être à la possibilité d’une offre hostile… ou qu’il était tout simplement convaincu qu’une entente finirait par être conclue avec Montréal.
Ce qui est ridicule demeure toutefois le message envoyé par Kent Hughes.
D’un côté, Martin St-Louis utilise Xhekaj comme un moins que rien.
De l’autre, Hughes refuse pratiquement toutes les approches et donne l’impression de vouloir conserver son joueur à tout prix.
Si le Canadien ne croit pas suffisamment en Xhekaj pour lui confier un rôle plus important, pourquoi refuser autant d’offres?
Une seule explication:
Hughes serait parfaitement conscient qu’il possède un joueur pratiquement impossible à remplacer. Son impact dépasse largement les statistiques. Les mises en échec, la robustesse, la protection des vedettes, l’effet psychologique qu’il exerce sur l’adversaire… ce sont des éléments qui deviennent souvent encore plus précieux lorsque les séries éliminatoires commencent.
Il y a aussi un autre facteur qu’on ne peut pas ignorer.
Arber Xhekaj est probablement l’un des joueurs les plus populaires de toute l’organisation montréalaise. Son histoire du Costco à la LNH, son style de jeu et son lien avec les partisans lui donnent une valeur qui dépasse largement la glace.
Kent Hughes sait très bien qu’un échange de Xhekaj serait scruté à la loupe et entraînerait une énorme réaction si le retour n’était pas spectaculaire.
Au final, toute cette histoire mène à une conclusion assez étonnante.
Plusieurs autres formations garderaient également un œil sur lui.
Mais pendant que toute la LNH semble convaincue qu’Arber Xhekaj finira par changer d’adresse, Kent Hughes, lui, enverrait exactement le message inverse.
Il ne cherche pas réellement à échanger son « Shérif ».
Quelle surprise.
