Honte à Martin St-Louis: il choisit l’argent avant ses joueurs

Honte à Martin St-Louis: il choisit l’argent avant ses joueurs

David Garel
Le 2026-08-25

De plus en plus de gens commencent à se demander si Martin St-Louis n’est pas devenu trop protégé à Montréal.

Personne ne prétend que St-Louis est un mauvais entraîneur. Il a fait progresser le Canadien, il a accompagné une reconstruction qui a finalement mené à une saison de 106 points et il possède encore une immense confiance à l’intérieur de l’organisation.

Le problème est ailleurs. À force de lui donner un statut pratiquement intouchable, le Canadien risque de créer une situation où l’entraîneur-chef ne sera plus jugé avec les mêmes standards que les autres membres de l’organisation.

Et ça, tôt ou tard, peut devenir toxique.

Le contrat de St-Louis illustre parfaitement le problème. Il gagne actuellement 5 millions de dollars par saison et tout indique qu’une prolongation de quatre ans se prépare. Le marché des entraîneurs a explosé, et Mike Sullivan vient d’établir une référence à 6,5 millions par année. Montréal pourrait donc très bien offrir entre 6 et 7 millions à St-Louis pour les quatre prochaines saisons.

À 6 millions, on parle de 24 millions de dollars.

À 6,5 millions, 26 millions.

À 7 millions, 28 millions.

Ce n’est pas un petit cadeau de Noël.

C’est un contrat qui placerait St-Louis parmi les entraîneurs les mieux payés de toute la Ligue nationale.

Depuis l’arrivée de Kent Hughes, l’organisation a réussi quelque chose d’assez remarquable avec ses joueurs importants. Nick Suzuki a accepté moins que ce qu’il aurait probablement pu obtenir sur le marché.

Cole Caufield a signé une entente qui paraît aujourd’hui ridicule. Juraj Slafkovsky a accepté un contrat qui va devenir une blague pour Montréal. Lane Hutson a déjà une entente qui va être une honte minuscule pour ce prodige.

Même Ivan Demidov a accepté une structure synonyme de "joke" qui laisse au Canadien une marge de manœuvre importante.

Le discours est toujours le même : pensez à l’équipe.

Laissez quelques dollars sur la table.

Aidez-nous à construire quelque chose.

Et les joueurs ont embarqué.

Ils ont accepté.

Ils ont fait confiance à Hughes et à Gorton.

Mais maintenant, le Canadien s’apprête peut-être à demander exactement l’inverse à son entraîneur.

On ne parle pas ici de lui offrir 5,25 ou 5,5 millions.

On parle potentiellement de 6,5 ou même 7 millions par saison.

Alors comment expliques-tu ça à ton vestiaire?

Évidemment, le Canadien aura une réponse toute faite.

Le salaire d’un entraîneur ne compte pas sur la masse salariale.

Mais ce n’est pas la question.

Le problème est le message.

Les joueurs ne sont pas stupides. Ils connaissent les contrats qui circulent dans la Ligue. Ils savent combien valent leurs services. Ils savent également que plusieurs d’entre eux ont signé leurs contrats avant l’explosion du plafond salarial et qu’ils auraient probablement pu obtenir davantage dans certaines circonstances.

Alors quand ils voient leur entraîneur recevoir une augmentation spectaculaire pendant qu’on leur demande de rester raisonnables, ils peuvent très bien se demander pourquoi la philosophie collective ne s’applique pas à tout le monde.

Et ce malaise pourrait devenir encore plus important si St-Louis obtient réellement quatre années supplémentaires.

St-Louis a eu le luxe de travailler avec une équipe en reconstruction. Pendant plusieurs années, les attentes étaient relativement simples : développer les jeunes, établir une identité et faire progresser l’équipe.

Cette période est terminée.

Si St-Louis signe à 7 millions, il ne pourra plus être évalué comme un entraîneur en développement.

Il devra être comparé aux meilleurs.

Jon Cooper.

Rod Brind’Amour.

Jared Bednar.

Mike Sullivan.

Paul Maurice.

Des entraîneurs qui ont gagné des Coupes Stanley ou qui ont constamment amené leurs équipes au plus haut niveau.

St-Louis bénéficie déjà d’une protection qui commence à faire sourciller.

Selon plusieurs voix autour de l’organisation, St-Louis est un entraîneur qui peut décider de rester coach du CH... à vie...

Il faudrait qu’il décide lui-même de partir pour que son aventure montréalaise se termine.

C’est justement ce qui dérange certains partisans.

Une équipe qui veut gagner la Coupe Stanley ne peut pas fonctionner avec des intouchables.

Et si tout le monde doit accepter un rabais pour gagner…

il serait peut-être temps que Martin St-Louis montre qu’il est prêt, lui aussi, à faire partie du projet.

Sinon, le « Country Club » risque de devenir beaucoup moins confortable pour lui.

Il a choisi l'argent... avant ses joueurs sous-payés.

La honte...