Banni à vie: le destin de Marc Bergevin tourne au cauchemar

Banni à vie: le destin de Marc Bergevin tourne au cauchemar

David Garel
Le 2026-06-02

Décidément, le pauvre Marc Bergevin est banni à vie d'un poste de DG dans la LNH.

Pour l'ancien DG du CH, les nouvelles de la journée ressemblent à un autre rappel cruel de la réalité actuelle du marché des directeurs généraux dans la LNH.

Pendant des années, son nom a circulé dès qu’un poste important devenait disponible. Toronto. Pittsburgh. Columbus. Les Islanders de New York (surclassé à la dernière seconde par Mathieu Darche). Puis finalement Nashville.

Chaque fois, ou presque, il était associé aux discussions au point d'en être favori. Chaque fois, ou presque, quelqu’un d’autre obtenait le poste.

Cette fois, le coup est double.

D’abord, les Predators de Nashville ont choisi une autre direction en confiant leurs opérations hockey à Chris MacFarland, qui cumulera les fonctions de président et directeur général.

Le départ du DG de l'Avalanche a créé une véritable commotion dans la LNH. Au point que Bergevin a pu avoir un espoir... pour quelques secondes...

L’Avalanche a immédiatement annoncé que le président Joe Sakic reprendrait les responsabilités de directeur général après le départ de MacFarland.

Deux postes potentiellement intéressants disparaissent ainsi du paysage en l’espace de quelques heures.

Le cas de Nashville fait tellement mal.

Depuis plusieurs mois, le nom de Bergevin revenait régulièrement dans les rumeurs entourant les Predators. Certains voyaient même un tandem potentiel avec Brendan Shanahan comme président.

Finalement, le propriétaire Bill Haslam a choisi une autre voie en allant chercher un dirigeant déjà en poste à la tête d’une organisation aspirante à la Coupe Stanley.

MacFarland arrive avec une réputation solide dans plusieurs cercles de la LNH. Il figure parmi les finalistes au titre de directeur général de l’année et possède un bagage impressionnant grâce aux succès récents de l’Avalanche.

La nomination demeure toutefois loin de faire l’unanimité.

Depuis son accession au poste de DG en 2022, plusieurs décisions importantes soulèvent encore des questions.

L’échange de Mikko Rantanen demeure notamment un dossier délicat. Voir partir un ailier de cette envergure (et meilleur ami de Nathan MacKinnon est-il vraiment un bon coup, sachant que l'organisation n'a pas gagné la Coupe Stanley avec Martin Necas?

La transaction pour Brock Nelson a également coûté très cher. Le Colorado a cédé Calum Ritchie, considéré comme l’un des meilleurs espoirs de l’organisation, Oliver Kylington ainsi qu’un choix conditionnel de première ronde en 2026. À court terme, Nelson pouvait aider l’équipe. À long terme, le prix payé demeure considérable pour un joueur qui vieillit à 34 ans.

Même s'il est nominé pour le Selke, le Colorado n'a pas pas gagné la Coupe avec Nelson et son salaire de 7,5 M$ jusqu'en 2028 va mal vieillir.

L'organisation n'a toujours pas de gardien alors que Mackenzie Blackwood a été surpayé comme jamais. (5,25 M$ jusqu'en 2030).

On ne sait même pas qui est le gardien numéro un entre lui et Scott Wedgewood qui devient agent libre sans restriction.

Le portrait général laisse l’impression d’une équipe qui a continuellement sacrifié des actifs afin de prolonger sa fenêtre de compétition autour de Nathan MacKinnon et Cale Makar.

Le Colorado n'a pas de choix de 1re ronde jusqu'en 2029. Ridicule.

Nashville considère malgré tout que MacFarland est l’homme de la situation.

C’est peut-être l’élément le plus difficile à ignorer pour Bergevin.

Depuis quelques semaines, Elliotte Friedman rapporte que plusieurs organisations recherchent désormais une nouvelle génération de dirigeants.

Des gestionnaires plus jeunes. Des profils davantage orientés vers l’analyse moderne. Des candidats qui représentent l’avenir plutôt qu’une continuité avec les méthodes des années précédentes.

La nomination de MacFarland s’inscrit parfaitement dans cette tendance.

Et pendant ce temps, Bergevin continue de voir les occasions se refermer.

Le plus crue; dans cette histoire, c’est que plusieurs des qualités traditionnellement associées à Bergevin auraient pu convenir à une équipe comme l’Avalanche.

Il a toujours été reconnu pour son agressivité sur le marché des transactions. Il n’a jamais hésité à prendre des risques pour améliorer son équipe immédiatement. Une organisation bâtie pour gagner maintenant aurait pu correspondre à son profil.

Or, même au Colorado, la porte n’a jamais vraiment semblé s’ouvrir.

À peine MacFarland parti, Joe Sakic a récupéré le poste.

Le message envoyé est cinglant : l’Avalanche trouve Marc Bergevin passé date. Cela rejoint les propos de Friedman: la date d'expiration a passé pour le pauvre Bergy: il ne sera plus jamais DG de toute sa vie.

Pendant ce temps, Bergevin demeure directeur général associé chez les Sabres de Buffalo, où il continue de travailler aux côtés de Jarmo Kekalainen.

Ce n’est pas un mauvais poste.

Mais pour un homme qui a dirigé les Canadiens de Montréal pendant près de dix ans et qui a participé à une finale de la Coupe Stanley, l’objectif ultime reste évidemment de retrouver un fauteuil de directeur général.

La difficulté aujourd’hui n’est plus de savoir s’il possède l’expérience nécessaire.

Personne ne remet cela en question.

La vraie question est de savoir si les propriétaires et présidents de la LNH recherchent encore le type de dirigeant qu’il représente.

Friedman a déjà répondu à la question: Marc Bergevin est... banni à vie...