Signature à Montréal: Kent Hughes va chercher du papier sablé

Signature à Montréal: Kent Hughes va chercher du papier sablé

David Garel
Le 2026-06-02

Le message envoyé par Kent Hughes lundi était beaucoup plus important qu’il n’en avait l’air.

Pendant toute l’année, les partisans ont parlé du deuxième centre. Ils ont parlé d’Ivan Demidov. Ils ont parlé d’un gros attaquant offensif capable de compléter le prodige.

Mais après l’élimination contre les Hurricanes de la Caroline, le discours a changé.

Kent Hughes a reconnu publiquement que son équipe devait devenir plus difficile à affronter. Plus robuste. Plus dérangeante. Plus capable de survivre quand le hockey devient un combat de territoire et de batailles le long des rampes.

La Caroline n’a pas gagné avec des vedettes offensives qui ont dominé chaque soir.

La Caroline a gagné avec une identité.

Jordan Martinook. Jordan Staal. William Carrier. Eric Robinson. Mark Jankowski.

Des joueurs qui frappent, qui usent l’adversaire et qui te font payer chaque présence.

Pendant ce temps, le Canadien de Montréal avait souvent l’air d’une équipe facile à contenir lorsque l’espace disparaissait.

C’est là que le nom d’A.J. Greer devient intéressant.

Le Québécois de Joliette sera joueur autonome sans compensation cet été.

À 6 pieds 3 pouces, 29 ans et plus de 200 livres, il représente exactement le profil qui manque actuellement au Canadien.

Greer ne joue pas un hockey élégant et c'est ce qu'on veut. Il est sale, vicieux, baveux, énervant.

Chaque équipe qui aspire aux grands honneurs possède ce type de joueur dans son alignement.

La Caroline en possède plusieurs.

Les Panthers de la Floride ont bâti une partie de leur identité autour de profil. Paul Maurice a affirmé que sans Greer, la Floride ne remporte pas sa 2e Coupe Stanley.

Même les Golden Knights de Vegas ont toujours accordé énormément d’importance à cette dimension.

À Montréal, cette réalité devient de plus en plus évidente.

Surtout lorsque l’avenir d’Arber Xhekaj ne passe plus par Montréal.

Si le Canadien décide de tourner la page sur le shérif, une partie importante de sa présence physique devra être remplacée ailleurs dans l’alignement.

Surtout, on a besoin d'un attaquant qui fait peur... et qui a la confiance du coach, contrairement à Xhekaj.

Greer devient alors un candidat naturel.

Et contrairement à plusieurs gros dossiers de l’été, il n’en coûterait aucun choix au repêchage.

Aucun espoir.

Aucun sacrifice majeur.

Simplement un contrat sur le marché des joueurs autonomes.

Ce qui rend le dossier encore plus logique, c’est que le Canadien ne semble pas particulièrement attiré par les gros noms disponibles le 1er juillet.

Les vrais joueurs de premier trio sont rares.

Et les contrats accordés sur le marché des joueurs autonomes vieillissent souvent très mal.

Kent Hughes l’a démontré depuis son arrivée : il préfère les transactions ciblées et les contrats raisonnables.

Greer entre parfaitement dans cette philosophie.

Il n’y a pas seulement l’attaque qui risque d’être transformée au cours des prochains mois. La ligne bleue est aussi au coeur de la réflexion de Kent Hughes et Jeff Gorton.

Les dirigeants savent que leur équipe a souffert physiquement contre les Hurricanes de la Caroline. Lane Hutson est un phénomène offensif. Noah Dobson apporte énormément avec la rondelle. Mike Matheson demeure un excellent patineur. Mais lorsqu’est venu le temps de protéger l’enclave, de gagner les batailles le long des bandes et de faire payer le prix aux attaquants adverses, le Canadien a souvent été dominé.

C’est là que le nom de Rasmus Ristolainen revient constamment dans les discussions. Le défenseur des Flyers de Philadelphie n’est pas un quart-arrière offensif. Il n’est pas là pour récolter 70 points. Il est là pour rendre la vie misérable aux adversaires.

À 6 pieds 4 pouces et plus de 200 livres, il représente exactement le type de défenseur robuste que l’organisation recherche pour équilibrer une brigade défensive remplie de joueurs mobiles mais moins intimidants physiquement.

Ce n’est d’ailleurs pas un secret que le Canadien avait déjà démontré un intérêt envers lui avant la date limite des transactions. Daniel Brière avait refusé de le laisser partir malgré certaines discussions avec Montréal.

Le CH avait offert Patrik Laine et un choix de 2e ronde, mais Brière voulait un choix de 1re ronde.

Aujourd’hui, plusieurs croient que Kent Hughes pourrait revenir à la charge sur le marché des agents libres. L’arrivée éventuelle de David Reinbacher n’efface pas complètement le besoin d'un défenseur robuste droitier.

Reinbacher possède du potentiel, mais son historique de blessures pousse l’organisation à vouloir une assurance supplémentaire. Surtout que l'Autrichien pourrait être sacrifié dans une transaction pour un 2e centre.

Greer et Ristolainen à Montréal.

Ce n’est pas les signatures feront les manchettes partout en Amérique du Nord.

Mais c’est exactement le type d’ajout qui change tranquillement l’identité d’une équipe.

Plus les semaines avancent, plus on a l’impression que Kent Hughes prépare autant une acquisition de talent qu’une acquisition de caractère.

Le Canadien a atteint la finale de l’Association de l’Est.

La prochaine étape consiste à devenir une équipe que personne n’a envie d’affronter.

Les deux solutions se retrouvent sur le marché des agents libres.

À suivre...