Au Centre Bell mercredi matin, il s’est passé quelque chose qui aurait pu complètement déraper.
Et ce n’est pas Martin St-Louis, absent pour des raisons familiales, qui a retenu l’attention. C’est Brendan Gallagher. Encore lui. Et pendant quelques secondes, le cœur des partisans s’est arrêté.
Quand Renaud Lavoie a vu les images à l’entraînement, sa réaction a été immédiate.
« Quand j’ai vu l’image, j’étais estomaqué. Ça se peut pas. Ça ne se peut pas », a lancé Lavoie sur les ondes de TVA Sports.
Tout le monde a vu la scène. Brendan Gallagher entre accidentellement en contact avec Kaiden Guhle pendant l’entraînement. Une collision que le défenseur n’a jamais vue venir. Un contact solide. Mal placé. Le genre de moment qui peut virer une série au cauchemar avant même le premier match.
Pendant une fraction de seconde, le pire scénario a traversé l’esprit de tout le monde.
Perdre Kaiden Guhle, maintenant, ce serait une catastrophe absolue pour les Canadiens de Montréal.
On parle de l'un des défenseurs les plus fiable défensivement de cette brigade, du gars capable d’absorber des minutes difficiles, de jouer contre les meilleurs trios adverses, de bloquer des tirs, de défendre physiquement et d’amener ce mélange de calme et d’urgence essentiels en séries.
On parle aussi d’un joueur dont le corps a déjà trop souvent trahi la progression. Chaque fois qu’il tombe, Montréal retient son souffle.
C’est précisément ce qui rend l’incident encore plus malaisant.
Parce que Brendan Gallagher est probablement le dernier joueur au monde qui aurait voulu blesser un coéquipier dans un moment pareil.
Mais en même temps, le malaise existe. Il est réel. Impossible de l’ignorer.
Gallagher est un compétiteur maladif. Un guerrier. Un gars incapable d’accepter un rôle réduit sans bouillir intérieurement.
Il vit sans doute les dernières semaines avec une frustration immense, surtout après avoir vu Oliver Kapanen obtenir du temps de jeu lors du 7e match en remplacement de Joe Veleno, pendant que lui regardait Martin St-Louis le rejeter avec les dents serrées.
Quand Joe Veleno n’a pas été disponible pour le septième match contre les Sabres de Buffalo, plusieurs pensaient que Gallagher allait retrouver une place plus importante. Finalement, ce n’est pas comme ça que l’histoire s’est écrite.
Et un joueur comme Gallagher, quand il est frustré, il joue à 110 %. Toujours. Même à l’entraînement.
C’est sa plus grande qualité. Et parfois, son plus grand danger.
Quand Renaud Lavoie raconte la scène, on entend presque la panique dans sa voix. Il s’imagine Martin St-Louis appeler Trevor Letowski pour avoir des nouvelles du groupe.
« Comment ça a été? »
Et la réponse fictive de Lavoie est savoureuse, mais aussi révélatrice de la peur collective :
« On perd Guhle. »
« Comment ça on perd Guhle? »
« Gallagher est rentré dedans… »
Le simple fait que cette phrase soit imaginable donne froid dans le dos.
Le Canadien a beau être considéré comme l’intrus de ces finales d’association, l’équipe a réussi à se rendre jusque-là grâce à une identité claire. Une équipe qui bloque des tirs. Une équipe qui travaille. Une équipe qui compense ses faiblesses par l’engagement collectif. Enlever Guhle du portrait, c’est enlever une fondation entière à ce groupe.
Martin St-Louis peut vivre avec certaines imperfections offensives. Il peut survivre à des soirées plus discrètes de certains attaquants. Mais perdre un défenseur comme Guhle à vingt-quatre heures d’affronter les Hurricanes? Ce serait une blessure presque impossible à absorber.
Heureusement, le jeune défenseur s’est relevé.
Il a poursuivi l’entraînement.
Et Montréal a probablement poussé un immense soupir collectif.
Gallagher aussi.
Le voir accidentellement blesser Kaiden Guhle dans une pratique avant le plus gros rendez-vous du printemps aurait été un cauchemar personnel pour lui.
Renaud Lavoie l’a bien résumé :
« Je vous garantis, quand j’ai vu cette image-là, mon cœur a manqué un battement. »
Cette collision avec Gallagher a créé tellement de tension.
Pendant quelques secondes, Montréal a vu le scénario catastrophe apparaître devant ses yeux.
Pendant quelques secondes, Brendan Gallagher a senti tout le poids du monde tomber sur ses épaules.
Au final,ça veut juste dire une chose: il faut racheter Gallagehr cet été.
Il ne jouera plus jamais pour le Canadien de Montréal de toute façon, Autant l'écarter avant qu'il blesse nos meilleurs joueurs à chaque pratique.
