Plus les heures avancent après cette humiliation de 4-0 contre les Hurricanes de la Caroline, plus un sentiment revient dans les médias français : Alexandre Texier est-il en train de devenir le bouc émissaire parfait de Martin St-Louis?
La question commence sérieusement à se poser.
Ce que l’entraîneur-chef des Canadiens de Montréal a fait mercredi soir ressemble étrangement à un message envoyé publiquement.
Comme s'il voulait que son joueur subisse une affront public, qui a traversé l'Atlantique et qui s'est rendu en France.
Un message sec, sans aucune pitié et tellement humiliant.
Le fameux traitement Arber Xhekaj.
Tu joues quelques présences. Tu commets des erreurs comme tout le reste de ton équipe. Puis tu disparais.
Alexandre Texier a terminé sa soirée avec seulement 6 min 30 s de temps de glace. À cinq contre cinq? À peine 4 min 39 s.
Des miettes.
Encore plus dans un match où le Canadien était incapable de générer quoi que ce soit offensivement et où personne n’a été capable de répondre à la pression infernale de la Caroline.
Et pourtant, c’est Texier qui a passé toute la troisième période cloué au banc avec Joe Veleno.
Ok, Texier n’a pas connu un grand match. Les chiffres sont même difficiles à regarder. Pendant ses 4 min 39 s à cinq contre cinq, le Canadien n’a généré absolument aucune tentative de tir. Zéro. Pendant ce temps, les Hurricanes en ont obtenu 15.
Ouch. Le différentiel fait mal.
Mais est-ce qu’il était vraiment le seul problème? Quand on regarde l’ensemble du portrait, le Canadien au complet a été dominé complètement.
Les revirements se multipliaient, les sorties de zone faisaient pitié, Cole Caufield peinait à créer de l’espace en ayant peur de se casser un ongle, Nick Suzuki se faisait neutraliser... on pourrait continuer comme ça pendant longtemps.
Et que dire de Kirby Dach le lâche? De Zachary Bolduc, dont la pénalité en zone offensive a mené au premier but des Hurricanes?
Plus facile de taper sur la tête du timide Texier que sur ses chouchous. Martin St-Louis nous prouve qu'il manque de guts en ce moment.
Le Canadien n’a obtenu que 18 tirs au total, puis seulement trois en troisième période.
Alors voir Texier devenir le seul qui écope est ridicule.
Surtout lorsqu’on parle d’un joueur qui avait a trouvé des façons d’aider cette équipe pendant les séries. (4 buts, 4 passes en 18 matchs) en apportant de la vitesse, du flair offensif, une touche différente dans un groupe qui manque justement de créativité en ce moment.
Dans La Presse, on allait même jusqu’à évoquer la possibilité qu’il ait peut-être disputé son dernier match de la saison.
Martin St-Louis a déjà démontré qu’il n’a pas peur d’envoyer un message fort quand un joueur ne répond pas à ses attentes. Arber Xhekaj connaît bien ce scénario.
La différence, c’est qu’en ce moment, le Canadien manque désespérément d’attaque.
Et punir un attaquant offensif dans un groupe incapable de marquer devient un pari risqué quand tu fais face à l'élimination.
Le malaise devient encore plus grand quand on regarde le banc montréalais mercredi soir. Une équipe vidée, frustrée et incapable de suivre le rythme de la Caroline.
Texier n’était clairement pas le seul à avoir de la difficulté à « payer le prix ». Martin St-Louis voulait en faire son bouc-émissaire.
Alors pourquoi lui? Facile à comprendre. Texier est un introverti qui ne fera pas de vagues. St-Louis aime marcher sur les plus faibles mentalement...
Alexandre Texier est devenu, malgré lui, le symbole d’un Canadien qui s’écroule.
Un joueur qu’on pointe du doigt pendant qu’un problème beaucoup plus large saute aux yeux : le fossé entre les Hurricanes et les Canadiens de Montréal paraît immense en ce moment.
Un joueur laissé au banc pendant 4 min 39 s ne peut pas le régler à lui seul.
Martin St-Louis voulait un coupable public. La prochaine fois, qu'il délaisse ses chouchous et qu'il regarde sa chambre... au complet...
