Le quatrième trio inquiète Kent Hughes : un train québécois en négociation

Le quatrième trio inquiète Kent Hughes : un train québécois en négociation

William Petit Lemay
Le 2026-05-30

L’élimination du Canadien de Montréal en finale de l’Association de l’Est a laissé plusieurs constats derrière elle.

Certains regardent le manque d’un deuxième centre. D’autres pointent vers la profondeur offensive. Pourtant, une faiblesse a sauté aux yeux pendant la série contre les Hurricanes de la Caroline : l’absence d’une véritable identité sur le quatrième trio.

Pendant que la Caroline roulait quatre lignes capables de maintenir une pression constante, Montréal cherchait encore sa formule idéale.

Tout au long de la saison, le bas de l’alignement a été modifié à répétition. Les combinaisons changeaient régulièrement, les rôles évoluaient d’une semaine à l’autre et Martin St-Louis tentait constamment de trouver l’équilibre parfait.

Cette réalité est devenue encore plus visible lorsque les matchs ont gagné en intensité au printemps.

Les Hurricanes possédaient un quatrième trio capable de changer le rythme d’une rencontre avec une présence physique, de l’énergie et un style de jeu dérangeant. Chaque présence apportait quelque chose. Une mise en échec, une bataille gagnée le long des bandes ou simplement une séquence capable de redonner du souffle aux meilleurs éléments de l’équipe.

Montréal n’avait pas cette arme.

Lorsque les matchs se sont resserrés et que les espaces ont disparu, le Canadien s’est retrouvé avec une formation parfois trop facile à affronter.

Voilà pourquoi Kent Hughes aura du travail devant lui cet été.

L’organisation entre maintenant dans une nouvelle phase de son développement. Les Canadiens ne cherchent plus seulement à participer aux séries éliminatoires. L’objectif devient graduellement de construire une équipe capable de survivre à quatre longues rondes printanières.

Pour atteindre ce niveau, chaque trio doit avoir une fonction claire.

C’est précisément ce qui rend le nom d’A.J. Greer aussi intéressant.

Le Québécois de Joliette coche pratiquement toutes les cases recherchées par une équipe aspirante. Il apporte de la robustesse, joue avec intensité, frappe sans hésitation et possède cette capacité rare d’allumer émotionnellement un match en quelques secondes.

Son profil correspond parfaitement à ce qui manque actuellement au Canadien.

Greer n’est pas seulement un joueur physique. Au cours des dernières saisons, il a démontré qu’il pouvait également contribuer offensivement lorsqu’il est utilisé dans les bonnes circonstances. Son passage avec les Panthers lui a permis de développer davantage son jeu tout en conservant ce qui fait sa réputation à travers la ligue.

Les partisans adorent ce type de joueur.

Un joueur qui dérange l’adversaire. Un joueur qui entre dans la tête des autres équipes. Un joueur qui accepte les missions ingrates sans jamais reculer.

Le fait qu’il soit originaire du Québec ajoute évidemment un élément supplémentaire à l’équation.

Dans un marché comme Montréal, les joueurs capables de combiner caractère, énergie et identité locale trouvent rapidement leur place auprès des partisans.

Son contrat avec la Floride est maintenant terminé et il deviendra joueur autonome sans compensation. Pour Kent Hughes, il s’agit d’une occasion intéressante d’améliorer son équipe sans sacrifier d’espoirs ni de choix au repêchage.

La fenêtre qui s’ouvre devant le Canadien est bien réelle.

Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov, Lane Hutson et Noah Dobson forment déjà une base impressionnante. Les prochaines améliorations passeront davantage par les détails qui séparent une bonne équipe d’une formation capable de gagner la Coupe Stanley.

Une identité claire sur le quatrième trio fait partie de ces détails.

Après avoir vu la Caroline imposer sa volonté avec ses joueurs de soutien pendant toute la série, Kent Hughes connaît maintenant l’une de ses priorités.

Et si un train nommé A.J. Greer débarquait à Montréal cet été, personne ne pourrait dire que le directeur général n’a pas compris le message envoyé par les séries éliminatoires.