Une porte qu’on croyait complètement fermée vient peut-être de se rouvrir pour Samuel Montembeault.
Le 2 juillet dernier, tout indiquait que le marché du gardien québécois s’était complètement effondré.
Les Devils du New Jersey avaient choisi Nico Daws plutôt que lui, une équipe après l’autre réglait sa situation devant le filet et Kent Hughes voyait tranquillement les destinations possibles disparaître.
Même Columbus, qui cherchait pourtant de la profondeur quelques semaines auparavant, avait choisi d’ajouter Phoenix Copley.
Le verdict paraissait sans appel.
Aujourd’hui, tout est différent.
Une seule nouvelle est venue changer complètement la dynamique.
Jet Greaves et les Blue Jackets sont engagés dans un affrontement salarial qui dépasse largement les négociations habituelles de la LNH.
Le jeune gardien de 25 ans réclame 7,5 millions de dollars devant l’arbitre, tandis que Columbus estime sa valeur à seulement 2,8 millions.
Un écart de 4,7 millions de dollars.
Dans un dossier d’arbitrage, un joueur demande toujours davantage et une équipe offre moins que ce qu’elle est prête à payer.
Mais une différence aussi importante envoie un message qui attire immédiatement l’attention de tous les directeurs généraux de la ligue.
C’est précisément ce qui plonge Columbus dans le chaos.
Les Blue Jackets pensaient avoir trouvé leur gardien d’avenir.
Quelques heures avant l’arbitrage, cette impression a complètement disparu. Lorsqu’une organisation et son gardien numéro un affichent un écart de 4,7 millions de dollars, toutes les certitudes commencent à s’effondrer.
Greaves sort pourtant d’une saison qui lui a permis de s’imposer comme gardien numéro un des Blue Jackets.
En 55 matchs, il a conservé une fiche de 26 victoires, 19 défaites et 9 revers en prolongation, avec une moyenne de buts alloués de 2,60 et un taux d’efficacité de ,908.

À seulement 25 ans, plusieurs croyaient même que Columbus avait enfin trouvé son gardien d’avenir.
Voilà pourquoi cette bataille surprend autant.
Lorsque deux parties arrivent devant un arbitre avec des positions aussi éloignées, le risque dépasse largement le salaire final.
Les audiences d’arbitrage ont souvent laissé des cicatrices dans la LNH.
Une organisation doit expliquer pourquoi son joueur ne mérite pas le montant réclamé. Le joueur, de son côté, tente de démontrer pourquoi son équipe sous-estime sa valeur.
Même lorsqu’un contrat est finalement signé, la confiance ne ressort pas toujours intacte.
C’est précisément ce qui relance le dossier Samuel Montembeault.
Il y a quelques semaines, nous expliquions que le Canadien risquait de devoir sacrifier Jakub Dobes dans une transaction, simplement parce que le marché de Montembeault s’était pratiquement évaporé.
Trois gardiens pour deux postes… et aucun véritable acheteur en vue.
Cette certitude commence soudainement à vaciller.
Montembeault possède toujours un contrat très intéressant à 3,15 millions de dollars jusqu’en 2027.

Son salaire est fixé, aucune négociation n’est nécessaire et son expérience dans la LNH représente une sécurité qu’une équipe ambitieuse peut apprécier.
Oui, sa dernière saison a été difficile avec une moyenne de 3,43 et un taux d’efficacité de ,872 en 25 rencontres, mais les Blue Jackets savent aussi qu’il a déjà porté le Canadien pendant de longues périodes dans un environnement où la pression n’a rien de comparable à celle de Columbus.
Le portrait n’est évidemment pas aussi simple.
Les Blue Jackets peuvent très bien s’entendre avec Greaves avant même que l’arbitre rende sa décision.
Ils peuvent aussi accepter le jugement et poursuivre leur chemin avec celui qu’ils considèrent toujours comme leur gardien numéro un. Rien ne permet d’affirmer qu’une rupture est inévitable.
Par contre, si cette relation se détériore dans les prochains jours, Kent Hughes retrouvera soudainement un marché qu’il croyait disparu.
Le hasard fait bien les choses.
Au moment où le Canadien cherche toujours une façon de résoudre son surplus devant le filet, Columbus voit apparaître une incertitude qui n’existait pas au début de l’été.
Deux organisations qui vivaient des réalités complètement différentes pourraient finalement découvrir que leurs problèmes respectifs s’emboîtent étonnamment bien.
La vraie question est maintenant toute simple…
Si les Blue Jackets concluent que le fossé avec Jet Greaves est devenu trop grand, Kent Hughes ne devrait-il pas immédiatement appeler Don Waddell?
Samuel Montembeault possède exactement ce que Columbus pourrait rechercher dans un tel contexte.
Un gardien de 29 ans déjà établi dans la LNH, sous contrat jusqu’en 2027 à un salaire raisonnable de 3,15 millions de dollars et capable d’assumer un rôle important sans qu’une nouvelle négociation soit nécessaire.
Les Blue Jackets savent déjà ce qu’ils obtiendraient… une stabilité immédiate au moment où leur propre dossier devant le filet devient soudainement beaucoup moins clair.
Rien ne garantit évidemment que Columbus serait intéressé.
Les Blue Jackets peuvent encore trouver un terrain d’entente avec Greaves.
Mais si les discussions tournent mal, difficile de ne pas imaginer Samuel Montembeault parmi les premières options que Kent Hughes pourrait proposer.
L’histoire vient peut-être de prendre un virage que peu de gens avaient vu venir.
À suivre…
