C'est terminé pour Marc Bergevin

C'est terminé pour Marc Bergevin

David Garel
Le 2026-07-15

Lorsque Steve Yzerman a quitté son poste de directeur général des Red Wings de Detroit pour être relégué à un rôle de conseiller, Marc Bergevin a forcément dû relever la tête.

Parce que cette fois, tout semblait aligné.

Detroit n’était pas une organisation comme les autres pour lui.

Bergevin y a porté l’uniforme comme joueur. Il connaît la culture de cette concession mythique. Il connaît Hockeytown. Il connaît les gens. Il pouvait croire, au minimum, qu’il obtiendrait une entrevue.

Après tout, combien de fois son nom a-t-il circulé lorsqu’un poste de directeur général s’est libéré?

Toronto.

Pittsburgh.

Columbus.

Les Islanders de New York.

Nashville.

À chaque fois, il semblait dans la course. À chaque fois, quelqu’un d’autre repartait avec le poste.

Cette fois, même pas.

Il devra se contenter de rester le serviteur de Jarmo Kekalainen à Buffalo, après avoir été le bouche-trou de Luc Robitaille, Rob Blake puis Ken Holland à Los Angeles.

Selon Elliotte Friedman, les Red Wings prévoient ratisser extrêmement large. Les candidatures internes de Kris Draper et Shawn Horcoff seront évaluées. À l’externe, on parle déjà de Brendan Shanahan, une autre immense légende de l’organisation.

Et le nom de Marc Bergevin?

Silence radio.

C’est probablement ce qui fait le plus mal.

On ne parle même plus de lui.

Pour un ancien directeur général qui a dirigé le Canadien pendant près d’une décennie et qui a conduit son équipe jusqu’en finale de la Coupe Stanley, c’est un changement de statut spectaculaire.

Le plus cruel dans tout ça, c’est que Steve Yzerman quitte après avoir complètement échoué.

Sept saisons.

Aucune participation aux séries.

Une reconstruction qui n’a jamais décollé.

Un Dylan Larkin qui demande maintenant à être échangé de son équipe d’enfance.

Le fameux « Yzerplan » est devenu un échec monumental.

Dans un tel contexte, on aurait pu croire qu’une organisation chercherait un dirigeant expérimenté, capable de remettre rapidement de l’ordre.

Marc Bergevin cochait plusieurs cases.

Il connaît la pression des grands marchés.

Il n’a jamais hésité à prendre des décisions difficiles.

Il est un "quick-fixer" dans le sens où il excelle pour remettre une équipe sur les rails rapidement... au risque de se casser les dents plus tard...

La vérité est que Bergevin est un bon DG pour une relance rapide... mais le pire pour une reconstruction.

La famille Illitch, propriétaire des Red Wings depuis des lunes, ne veut pas de reconstruction.

Or, Bergevin bâti une équipe capable d’atteindre une finale de la Coupe Stanley en "patchant des trous".

Malgré tout, il semble complètement disparu des radars... même à Détroit.

Ce n’est plus une question de compétences.

C’est une question de génération.

Depuis plusieurs mois, Elliotte Friedman répète que les propriétaires veulent une nouvelle vague de dirigeants. Des gestionnaires plus jeunes. Des profils davantage tournés vers l’analyse de données, la gestion moderne et les nouvelles approches du hockey.

Les anciens directeurs généraux reviennent de moins en moins à la mode.

Bergevin en est peut-être la plus grande victime.

Et Detroit envoie un message extrêmement fort.

Même dans une organisation qu’il connaît parfaitement.

Même après un échec aussi retentissant que celui de Steve Yzerman.

Même avec un poste aussi prestigieux qui devient disponible.

Il ne semble même pas faire partie de la conversation.

C’est probablement le verdict le plus cruel de toute cette histoire.

Parce que lorsqu’une porte s’ouvre dans une organisation où tu as déjà joué, où ton nom est connu, où tu pouvais espérer obtenir au moins une rencontre… et que personne ne t’appelle, il devient difficile de croire qu’une autre concession le fera bientôt.

Les opportunités disparaissent une à une.

À chaque ouverture, le même scénario se répète.

Marc Bergevin regarde les autres passer devant lui.

Le verdict devient de plus en plus difficile à ignorer.

Dans les hautes sphères de la LNH, son téléphone ne sonne plus.

Et si même les Red Wings ne lui offrent pas la moindre chance, il faut malheureusement se demander si Marc Bergevin retrouvera un jour un fauteuil de directeur général dans la LNH.

Poser la question, c'est y répondre.

Aujourd’hui, tout indique que les propriétaires et présidents ont tourné la page. Pour un homme qui croyait certainement que Detroit pouvait représenter son meilleur espoir, c’est un rappel brutal... que c'est terminé pour de bon...