Signature à Montréal : Anthony Mantha change les plans de Kent Hughes

Signature à Montréal : Anthony Mantha change les plans de Kent Hughes

André Soueidan
Le 2026-07-05

Rarement un dossier aura changé aussi rapidement en l’espace de deux semaines.

Anthony Mantha semblait complètement hors de portée du Canadien au début du marché des joueurs autonomes.

Aujourd’hui, le silence qui entoure son nom force une réflexion bien différente… et Kent Hughes ne peut plus se permettre d’ignorer cette réalité.

Souvenez-vous. Lorsque les premiers échos du marché sont sortis, le clan Mantha visait une entente de quatre ans, avec un salaire annuel estimé entre cinq et six millions de dollars.

Pour un attaquant de 31 ans dont la carrière a souvent été freinée par les blessures et l’irrégularité, le risque paraissait évident.

Nous écrivions alors que le Canadien ne devait surtout pas tomber dans ce piège, malgré une saison de 33 buts avec les Penguins de Pittsburgh.

Deux semaines plus tard, le décor n’est plus le même.

Anthony Mantha est toujours sans contrat.

Pendant que plusieurs attaquants ont trouvé preneur dès les premières heures de l’ouverture du marché, l’ancien des Foreurs de Val-d’Or continue d’attendre que le téléphone sonne.

Plus les journées passent, plus le rapport de force glisse de son côté vers celui des directeurs généraux. C’est exactement ce qui change complètement le portrait pour Kent Hughes.

Une saison de 33 buts ne disparaît pas par magie.

On parle d’un joueur qui a inscrit 64 points en 81 matchs l’an dernier, tout en jouant un peu plus de quinze minutes par rencontre.

Son utilisation en avantage numérique tournait autour de deux minutes par match, un rôle qui correspond précisément à ce que Montréal pourrait lui offrir sur une deuxième vague.

Sans être le moteur d’une attaque, Mantha a démontré qu’il pouvait encore produire lorsqu’il est bien entouré.

À 31 ans, plusieurs parlent déjà de lui comme s’il approchait de la retraite.

Pourtant, lorsqu’on regarde froidement les chiffres, le portrait est loin d’être aussi sombre. Mantha approche les 600 matchs dans la LNH, a marqué 179 buts en carrière et vient de connaître l’une des meilleures saisons offensives de son parcours.

Peu de joueurs disponibles sur le marché possèdent encore un tel mélange de taille, de toucher offensif et d’expérience.

Le plus intéressant, c’est que le prix demandé il y a deux semaines n’est probablement plus le même aujourd’hui.

Chaque journée sans signature fragilise la position de son entourage.

Chaque équipe qui complète son alignement réduit le nombre d’acheteurs potentiels.

Ce phénomène transforme parfois un contrat jugé impossible en véritable occasion d’affaires. Kent Hughes adore ce genre de situation.

Depuis son arrivée à Montréal, il attend souvent que le marché fasse son travail avant de passer à l’action.

Le parallèle avec Jonathan Drouin mérite aussi d’être soulevé.

Les deux joueurs appartiennent à la même génération.

Pourtant, pendant que Drouin a terminé sa dernière saison avec seulement quatre buts, Mantha en a marqué 33.

Les parcours sont différents, les styles aussi, mais la perception entourant Mantha ne correspond pas toujours à sa production récente.

Évidemment, personne ne suggère que le Canadien doive soudainement lui offrir le contrat réclamé au début de juillet.

Ce serait contredire toute la philosophie de gestion que Kent Hughes applique depuis son arrivée.

En revanche, si le marché continue de refroidir et que les exigences financières baissent de façon importante, le dossier mérite au moins un appel.

Mantha est un ailier droit naturel, un joueur de six pieds cinq qui possède un lancer redoutable et qui n’aurait pas à porter l’attaque sur ses épaules.

Dans un rôle bien défini, il pourrait devenir un complément intéressant plutôt qu’une vedette surpayée.

Voilà pourquoi ce dossier prend une nouvelle direction.

Il y a deux semaines, le débat portait sur un contrat beaucoup trop coûteux.

Aujourd’hui, la discussion tourne autour d’un joueur qui voit sa valeur de marché diminuer chaque jour. Ce simple changement pourrait suffire à modifier les plans de Kent Hughes.

Le marché a parlé… et Anthony Mantha écoute toujours.

À suivre…