Le dossier Arber Xhekaj est en train de créer une tension qui n’avait absolument pas besoin d’exister.
À quelques jours du début du camp d’entraînement du Canadien de Montréal, le défenseur n’a toujours pas signé de nouveau contrat. Son avenir fait jaser. Son rôle est remis en question. Et, surtout, une histoire qui a circulé au cours des derniers jours aurait fini par créer une irritation importante à l’intérieur même de l’organisation.
Pendant un certain temps, plusieurs ont eu l’impression que Martin St-Louis était derrière l’idée de faire jouer Arber Xhekaj à l’attaque.
C’est notamment ce qui ressortait des discussions entourant son avenir.
Tony Marinaro avait avancé l’idée que la direction du Canadien pourrait être plus ouverte à l’utilisation d’Arber Xhekaj à l’attaque, tandis que Martin St-Louis, lui, ne serait pas nécessairement convaincu.
Selon cette hypothèse, l’entraîneur aurait des réserves sur la capacité du défenseur à effectuer une transition permanente vers une position aussi différente.
Le problème, c’est que cette nuance aurait complètement disparu dans le bruit entourant le dossier.
Dans l’esprit de plusieurs, l’histoire était devenue beaucoup plus simple : Martin St-Louis voulait déplacer Arber Xhekaj à l’attaque.
Et selon ce qui circule maintenant, cette perception serait complètement erronée.
Martin St-Louis ne voudrait tout simplement rien savoir de cette idée.
Il n’aurait jamais demandé à Arber Xhekaj de devenir attaquant et il ne serait pas à l’origine de cette possibilité qui a fait énormément réagir au cours des derniers jours. L’idée aurait plutôt circulé dans les discussions entourant la direction et la construction de l’alignement.
Martin St-Louis serait loin d’être heureux de voir son nom associé à une décision qu’il n’aurait jamais demandée. L’entraîneur du Canadien aurait l’impression que son image est encore une fois salie dans le dossier Xhekaj, alors que plusieurs partisans sont déjà convaincus qu’il veut absolument se débarrasser du défenseur.
Cette histoire commence à devenir dangereuse pour tout le monde.
Martin St-Louis n’a jamais caché qu’Arber Xhekaj devait améliorer certains aspects de son jeu. Il a déjà parlé de ses erreurs et de la nécessité pour le défenseur de mieux contrôler son jeu. Cela ne signifie toutefois pas qu’il a demandé à la direction de le transformer en attaquant.
Ce sont deux choses complètement différentes.
Et Martin St-Louis serait tanné de voir chaque décision entourant Xhekaj automatiquement placée sur ses épaules.
Surtout lorsqu’il serait parfaitement capable de vivre avec le défenseur dans son alignement.
La réalité serait beaucoup moins dramatique que ce qui circule présentement.
Martin St-Louis ne verrait peut-être pas Arber Xhekaj comme un défenseur indispensable sur lequel bâtir les six premiers postes de la ligne bleue. Mais il pourrait très bien accepter son rôle comme septième ou huitième défenseur.
Voilà toute la différence.
St-Louis ne serait pas en train de réclamer son départ. Il veut juste avoir le Shérif comme réserviste. Et St-Louis aurait même affirmé qu’il serait ouvert à une transaction… pour le bien du Shérif.
Il ne serait surtout pas en train d’exiger qu’on le transforme en attaquant, car il sait que cela briserait la carrière de Xhekaj.
Il affirme simplement que Xhekaj doit accepter la réalité de la profondeur actuelle du Canadien à la ligne bleue.
Et cette réalité est impossible à ignorer.
Dans la tête de St-Louis, Arber Xhekaj ne peut pas automatiquement exiger un poste parmi les six défenseurs réguliers.
C’est précisément là que l’histoire aurait pris une tournure inutile.
Selon ce qui circule, le clan Xhekaj aurait été particulièrement irrité par l’idée que le Canadien envisage une transition vers l’attaque. Le père d’Arber aurait initialement eu l’impression que Martin St-Louis était directement impliqué dans cette décision.
Imaginez la tension.
Le père croit que l’entraîneur veut changer la position de son fils.
Martin St-Louis, lui, n’aurait jamais demandé une telle chose, alors que c’est Kent Hughes qui aurait soumis l’idée sur la table.
Pendant ce temps, l’histoire circule publiquement et les partisans accusent encore une fois l’entraîneur de vouloir humilier ou éliminer Arber Xhekaj.
Voilà le genre de malentendu qui peut rapidement devenir toxique.
Kent Hughes se retrouve donc au centre d’un dossier beaucoup plus délicat qu’il ne l’aurait probablement souhaité.
Le directeur général doit composer avec un joueur autonome avec compensation qui n’a toujours pas signé. Il doit déterminer la véritable valeur d’Arber Xhekaj dans son organisation. Il doit gérer l’embouteillage à la ligne bleue. Et il doit maintenant s’assurer qu’une histoire concernant un éventuel changement de position ne transforme pas une simple négociation contractuelle en conflit personnel avec son coach.
Le danger est réel.
Arber Xhekaj est extrêmement populaire à Montréal. Il possède un profil unique. Il apporte une dimension physique que peu de défenseurs du Canadien peuvent reproduire. Il est capable de défendre ses coéquipiers et d’imposer le respect.
Mais sa situation demeure précaire… et de plus en plus malaisante.
St-Louis est tanné que cette histoire serve une fois de plus à alimenter le récit voulant qu’il déteste Arber Xhekaj et rêve de le voir quitter Montréal.
Les tensions semblent maintenant dépasser la simple question d’une signature.
Qu’on règle cette histoire au plus vite.
Avant que la confusion ne se transforme en véritable divorce.
