José Théodore n’a pas tourné autour du pot.
Pas de langue de bois. Pas de message diplomatique. Pas de petite tape dans le dos à Martin St-Louis en disant qu’il « comprend la décision ». Non.
L’ancien gardien des Canadiens de Montréal a envoyé un message direct, cinglant, chargé d’émotion : Brendan
Martin St-Louis manque de respect à Brendan Gallagher en ne le faisant pas jouer. Pire, Théo affirme qu'il perd du respect envers le coach du CH quand il voit à quel point il le traite comme une vulgaire recrue et non comme un vétéran qui a saigné 15 ans pour le club.
Plus le Canadien s’enfonce physiquement contre les Hurricanes de la Caroline, plus cette prise de position commence à résonner fort à Montréal.
Car il faut être honnête deux minutes : à quoi ressemble cette équipe depuis le début de la série?
Une équipe fatiguée, se fait rentrer dedans soir après soir eti perd les batailles physiques.
Bref, une équipe qui regarde la Caroline imposer son rythme sans véritable réponse émotionnelle.
Les Hurricanes frappent tout ce qui bouge. Lane Hutson se fait cibler comme jamais. Cole Caufield reçoit des coups à la tête. William Carrier distribue les contacts lourds et sale aux vedettes du CH. Jordan Staal transforme chaque présence en guerre d’usure.
Et pendant ce temps, Brendan Gallagher regarde ça d’en haut.
Pour José Théodore, ça n’a plus de sens. C'est comme si on crachait sur un symbole du CH.
Le message est simple : comment peux-tu laisser un joueur comme Gallagher dans les estrades dans une série où ton équipe manque justement d’émotion, de caractère et de présence devant le filet?
On parle ici d’un gars qui a brisé son corps pour cette organisation.
Un gars qui a joué avec des mains cassées. Un gars qui a accepté les coups, les blessures, les sacrifices année après année.
Un joueur imparfait et ralenti physiquement, évidemment. Mais aussi un vétéran qui comprend mieux que presque n’importe qui ce que veut dire « payer le prix » en séries éliminatoires.
Personne ne demande à Gallagher de jouer 20 minutes. Personne ne prétend qu’il va soudainement devenir le Brendan Gallagher de 30 buts.
Mais cinq ou six minutes?
Un rôle limité?
Quelques présences pour brasser les choses? Aller devant le filet? Faire mal à l’adversaire? Montrer aux jeunes ce qu’est un sentiment d’urgence?
Comment ça peut nuire à ce point?
Surtout quand certains joueurs donnent l’impression inverse.
Kirby Dach traverse une série catastrophique. Martin St-Louis coupe son temps de jeu au minimum. Joe Veleno apporte de l’énergie, mais le Canadien continue malgré tout de manquer de mordant dans les moments importants.
Alors la question devient légitime : qu’est-ce qu’on attend?
José Théodore n’est pas le seul à se poser la question, mais lui a eu le courage de la poser publiquement.
Et ça place Martin St-Louis dans une position inconfortable.
Car chaque défaite rend la décision plus difficile à défendre.
Chaque match où le Canadien se fait bousculer rend l’absence de Gallagher plus visible.
Chaque séquence où personne ne répond physiquement aux Hurricanes alimente ce sentiment qu’il manque quelque chose dans cette formation.
Un vétéran. Une voix. Un gars qui refuse d’abandonner un pouce de glace.
Gallagher pourrait probablement aider sans même noircir la feuille de pointage. Juste sa présence dans le vestiaire aiderait.
Une mise en échec au bon moment. Un écran devant Frederik Andersen. Une bataille gagnée en fond de territoire. Une présence qui change un momentum.
Ce sont souvent ces petits détails qui font basculer une série.
José Théodore l’a compris.
Et son message à Martin St-Louis était tout sauf subtil : si ton équipe se fait intimider, si elle manque de vie, si elle joue comme un groupe qui attend que quelque chose arrive… peut-être qu’il est temps de montrer du respect à Brendan Gallagher... en l'habillant..
Même à moitié magané.
Même dans un rôle réduit.
Par simple dignité pour tout ce qu’il représente.
À ne pas inviter au même party... Martin St-Louis et José Théodore...
