Peine d’amour à Montréal : Joe Veleno refuse de tourner la page

Peine d’amour à Montréal : Joe Veleno refuse de tourner la page

André Soueidan
Le 2026-07-06

Certaines ruptures se vivent dans le silence… d’autres laissent derrière elles de petits gestes impossibles à ignorer. Une semaine après avoir signé avec les Rangers de New York, Joe Veleno est revenu au Complexe CN de Brossard avec un chandail du Canadien de Montréal sur les épaules.

Une image toute simple… mais qui raconte peut-être beaucoup plus qu’elle n’en a l’air.

Les vidéos de l’entraînement ont rapidement commencé à circuler. Ivan Demidov était sur la glace. Alexander Zharovsky aussi. Owen Beck participait aux exercices.

Puis, au milieu du groupe, un visage a attiré tous les regards.

Joe Veleno.

Pas avec un chandail neutre. Pas avec un équipement des Rangers. Avec les couleurs du Canadien de Montréal.

Le contraste est frappant.

Le 1er juillet, Veleno s’est officiellement entendu avec les Rangers de New York. Son aventure montréalaise appartient déjà au passé. Sur papier, l’histoire est terminée.

Pourtant, à Brossard, l’impression était tout autre.

À le voir participer à tous les exercices avec le reste du groupe, on aurait presque cru qu’il n’était jamais parti. Comme si rien n’avait changé. Comme si la signature à New York n’avait jamais eu lieu.

Évidemment, personne ne peut savoir ce qui passait dans sa tête au moment d’enfiler ce chandail.

Peut-être était-ce simplement le premier gilet qui lui est tombé sous la main.

Peut-être que tout cela ne signifie absolument rien.

Mais à Montréal, où chaque image est analysée sous tous les angles, difficile de ne pas y voir une scène remplie de symbolisme.

Après tout, Veleno aurait pu choisir un chandail sans logo.

Un gilet d’entraînement quelconque. Il aurait aussi pu porter les couleurs de sa nouvelle organisation.

Il ne l’a pas fait.

Il s’est présenté avec un chandail du Canadien.

Voilà pourquoi les images font autant réagir.

Le parcours de Veleno à Montréal n’a jamais eu le temps de réellement s’écrire.

Arrivé avec l’étiquette d’ancien choix de première ronde, le centre québécois espérait relancer sa carrière dans sa province natale.

Son énergie, son coup de patin et son implication défensive lui donnaient une chance de se tailler une place permanente dans l’alignement.

Mais la réalité du Canadien est devenue toute autre.

L’arrivée d’Ivan Demidov, la progression d’Owen Beck, le développement d’Oliver Kapanen, la profondeur grandissante au centre… chaque semaine rendait la compétition plus féroce.

Lorsque l’ouverture du marché des joueurs autonomes est arrivée, les Rangers lui ont offert une nouvelle occasion. Une chance de repartir à zéro dans une organisation différente.

Normalement, c’est à ce moment-là qu’on range les vieux souvenirs dans une boîte.

Le geste posé à Brossard donne pourtant l’impression que le chapitre montréalais n’est pas complètement refermé.

Un peu comme une peine d’amour.

On retire son nom de la porte. On remet les clés. On annonce que chacun suivra désormais son propre chemin.

Puis, quelques jours plus tard, on remet le vieux chandail.

Ce n’est peut-être qu’un réflexe.

Ce n’est peut-être qu’une habitude.

Ou peut-être simplement un attachement impossible à effacer aussi rapidement.

La comparaison est imparfaite, évidemment. Joe Veleno n’a jamais affirmé être déçu de quitter Montréal, encore moins avoir souhaité y rester à tout prix. Rien ne permet de conclure cela.

Mais les images parlent d’elles-mêmes.

Dans une ligue où les joueurs font souvent très attention à ce qu’ils montrent publiquement, le voir patiner sous les couleurs du Canadien quelques jours seulement après avoir signé avec un rival de l’Association de l’Est était suffisant pour alimenter les discussions.

Les partisans montréalais, eux, n’ont pas tardé à remarquer le détail.

Les commentaires se sont multipliés. Certains y ont vu un simple oubli. D’autres un clin d’œil affectueux. Quelques-uns y ont reconnu le geste d’un joueur qui aurait aimé que l’histoire dure un peu plus longtemps.

La vérité, seul Joe Veleno la connaît.

Une chose est certaine toutefois…

Pendant quelques minutes à Brossard, malgré un contrat signé à New York, il avait encore l’air d’un joueur du Canadien.

Et parfois, une simple image suffit à raviver une histoire que tout le monde croyait déjà terminée.

Misère…