Le ciel tombe sur la tête d'Arber Xhekaj.
Pendant quelques heures, le shérif a cru que tout venait de basculer en sa faveur. Une soirée parfaite pour lui. Une soirée où il a imposé sa présence, où il a envoyé un message clair à Corey Perry après l’incident avec Lane Hutson, une soirée où il a rappelé à tout le monde qu’en séries, ce type de joueur-là peut changer une dynamique.
The Sheriff Arber Xhekaj had a little conversation with Perry afterward 👀 pic.twitter.com/JBYo1MXGli
— Gino Hard (@GinoHard_) April 10, 2026
Il n’était pas sur la glace au moment de la séquence, mais il s’est amené immédiatement après pour avertir Perry : ne touche pas à notre plus jeune, parce que tu vas devoir répondre à moi. Ce genre de présence, ça marque un vestiaire. Ça fait croire à un rôle. Ça donne l’impression qu’une place est en train de se gagner.
Sauf que la réalité a frappé fort ce matin.
Et c’est Pierre LeBrun qui a remis tout le monde à sa place, froidement, sans émotion, avec une lucidité presque brutale.
En analysant la situation, il a reconnu l’impact de Xhekaj, mais il a immédiatement ramené le débat là où il fait mal : la confiance défensive.
Il a expliqué que malgré les progrès évidents du défenseur, malgré son importance physique, il y a toujours cette question qui plane dans la tête du personnel d’entraîneurs de Canadiens de Montréal : est-ce qu’il peut te coûter un moment clé?
Has Thursday's game solidified Arber Xhekaj's spot in the #GoHabsGo playoff roster?@PierreVLeBrun: "When everyone is healthy, I don't know how you still don't view him as the 7"#thesickpodcast @TonyMarinaro pic.twitter.com/6WRcX8gFaU
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) April 11, 2026
Ce doute ne sort pas de nulle part. Depuis deux saisons, la relation entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj est marquée par un fil conducteur très clair : la tolérance zéro pour l’instabilité.
St-Louis l’a répété à plusieurs reprises, publiquement et en privé, qu’un défenseur doit être capable d’enchaîner les présences sans s'effondrer mentalement, sans se laisser entraîner par l’émotion ou par une mauvaise séquence.
Et c’est exactement là où Xhekaj se fait rattraper. Le coach ne remet pas en question son courage, ni son impact physique, mais il n’a jamais été capable de lui donner cette fameuse “longue laisse” qu’il accorde à d’autres.
Chaque erreur devient amplifiée, chaque hésitation devient un signal d’alarme. Et dans un environnement où la constance est la priorité absolue, ça crée une fracture silencieuse.
Et c’est là que la claque arrive.
Parce que LeBrun le dit clairement : quand tout le monde est en santé, quand Alexandre Carrier va revenir, il ne voit pas pourquoi Xhekaj ne redeviendrait pas… le septième défenseur.
Pas une option principale. Pas un pilier. Une solution en arrière-plan. Il insiste même sur le fait que c’est une réflexion incontournable pour Martin St-Louis et son groupe d’entraîneurs.
Tu peux aimer l’intensité, tu peux aimer la robustesse, mais en séries, chaque erreur défensive peut te coûter une série. Et ça, ça pèse plus lourd que tout le reste.
C’est ça, la réalité cruel.
Parce que pendant que Xhekaj faisait lever le Centre Bell, pendant qu’il envoyait ses messages, pendant que les partisans se disaient qu’il devait absolument jouer en séries, l’organisation, elle, regarde autre chose.
Elle regarde les lectures de jeu. Les sorties de zone. Les décisions sous pression. Et dans ce portrait-là, malgré tout ce qu’il apporte, il y a encore un doute.
Et ce doute-là est suffisant pour le faire glisser.
Ajoute à ça la montée de Jayden Struble, qui offre lui aussi de la robustesse, mais avec un jeu plus stable, et tu comprends que la marge de manœuvre de Xhekaj est aux poubelles.
Le shétif ne jouera pas en séries... à moins d'une blessure...
C’est ça, la chute.
En l’espace d’un match, il est passé d’arme essentielle à option discutable. D’élément intimidant incontournable à décision stratégique compliquée. Et au pire moment possible : à quelques jours des séries.
Le message est violent, brutal, sans détour.
Tout le monde le sait dans l’entourage de l’équipe : quand St-Louis perd confiance en un joueur, le retour est presque impossible. L’histoire récente du Canadien le montre, et Xhekaj n’échappe pas à cette logique.
Peu importe les séquences positives, peu importe les matchs où il change l’énergie, la perception du coach est déjà fixée. Il méprise le défenseur.
Ce qui rend la situation encore plus cruelle, c’est qu’il continue d’être respecté dans le vestiaire, apprécié par ses coéquipiers, mais ça ne pèse pas face à la décision du banc. Et à Montréal, quand l’entraîneur-chef a tranché intérieurement… la suite devient presque inévitable.
Il peut faire peur. Il peut brasser. Il peut changer l’énergie d’un match.
Mais aujourd’hui, pour Martin St-Louis, la vraie question n’est pas ce qu’il apporte.
C’est ce qu’il peut coûter.
À partir de ce moment-là, la suite devient écrite d’avance. Arber Xhekaj s’en va vers un été où il sera joueur autonome avec compensation, une situation toujours délicate pour une organisation qui ne veut pas perdre un actif pour rien.
Le Canadien devra le qualifier pour garder ses droits… mais en le faisant, il s’expose aussi à un scénario d’offre hostile.
Tout pointe vers une transaction cet été. C'est écrit dans le ciel... qui s'est écroulé sur la tête du pauvre shérif...
