Quelque chose ne collait pas depuis le début… et Anthony Mantha vient enfin de combler les trous de l’histoire.
Lorsque le Québécois a signé un contrat de deux saisons avec les Devils du New Jersey, plusieurs ont immédiatement conclu qu’il avait préféré leur projet à celui du Canadien.
C’est d’ailleurs le sentiment qui dominait partout dans la LNH. Montréal semblait avoir perdu cette course.
Or, les explications offertes vendredi par Mantha changent complètement la lecture du dossier.
« Il y a eu de l’intérêt de Montréal à mon endroit et vice-versa aussi. Mais quand est venu le temps de parler de chiffres et d’années, il n’y a jamais eu d’offre. Donc c’était le temps qu’on aille dans une autre direction. »
Depuis des semaines, tout indiquait que Kent Hughes gardait ce dossier vivant.
Le Canadien cherchait un ailier de puissance capable d’apporter des buts immédiatement sans compromettre sa flexibilité à long terme.
Mantha cochait pratiquement toutes les cases.
Un Québécois de 31 ans, auteur de 33 buts et 64 points avec Pittsburgh, qui venait enfin de connaître une saison complète sans être ralenti par les blessures.

Nous avions même expliqué que Montréal était prêt à lui offrir un contrat de courte durée afin de profiter d’un marché refroidi par ses séries éliminatoires décevantes et son historique médical.
Finalement, ce n’est pas Mantha qui a fermé la porte.
Selon ses propres mots, cette porte n’a jamais été ouverte jusqu’au bout.
« On a laissé du temps pour qu’ils nous rappellent, une bonne semaine, et puis il n’y a rien eu. C’était le temps de passer à un autre appel. »
Voilà le détail qui change tout.
Pendant une semaine, le clan Mantha attendait un retour du Canadien.
Ce fameux appel n’est jamais arrivé. Aucune offre officielle. Aucune contre-proposition. Aucune dernière tentative pour convaincre le joueur de Longueuil de revenir jouer devant sa famille.
À partir de ce moment, les Devils sont passés à l’action.
Eux non plus n’ont pas déroulé le tapis rouge dès le départ.
Mantha a révélé que le New Jersey lui avait d’abord proposé une seule saison.
Ce n’est qu’après les discussions que l’organisation a accepté d’ajouter une deuxième année, un élément qui comptait énormément pour lui avec trois jeunes enfants.
Résultat… deux ans, 9,5 millions de dollars.
Ce qui est intéressant, c’est que ce nouveau récit n’efface pas complètement ce que nous avions expliqué au moment de la signature.
L’entourage de Mantha voyait Montréal comme une destination attirante, mais savait aussi que le marché montréalais impose une pression unique.
Après une carrière marquée par les blessures et les critiques sur son implication, chaque mauvaise séquence aurait rapidement attiré les projecteurs.
Le Canadien connaissait évidemment cette réalité lui aussi.
Kent Hughes avait donc deux choix.
Faire une offre officielle… ou passer à autre chose.
Les déclarations de Mantha indiquent clairement que la deuxième option a été retenue.
Pourquoi?
La réponse appartient au directeur général du Canadien.
Peut-être que le dossier avançait plus lentement que prévu.
Peut-être que Montréal croyait avoir de meilleures options ailleurs.
Peut-être aussi que l’organisation ne voulait tout simplement pas investir 4,75 millions de dollars par saison sur un joueur dont le parcours a souvent été interrompu par les blessures.
Une chose demeure certaine… Kent Hughes n’a jamais forcé la décision.
Pendant ce temps, Mantha regardait les journées défiler.
Lui-même admet avoir été surpris d’attendre aussi longtemps avant de signer.
Après sa meilleure saison dans la LNH, il espérait décrocher un contrat de trois ou quatre ans.
Le marché lui a envoyé un message différent et il a finalement accepté une entente de deux saisons.
Aujourd’hui, il affirme vouloir prouver que les équipes se sont trompées.
Pour le Canadien, cette histoire laisse tout de même un drôle de goût.
L’intérêt était mutuel.
Le joueur était disponible.
Le besoin existait.
Pourtant, le téléphone est resté silencieux.
Parfois, une transaction échoue parce qu’un joueur choisit une autre équipe.
Cette fois, les propres paroles d’Anthony Mantha racontent une histoire différente.
Montréal n’a jamais poussé le dossier jusqu’à la ligne d’arrivée… et les Devils n’ont eu qu’à saisir l’occasion.
Une question demeure pourtant sans réponse… qu’est-ce qui a bien pu refroidir le Canadien à ce point?
Au départ, l’intérêt était mutuel.
Est-ce que les séries éliminatoires de Mantha ont pesé plus lourd que prévu?
Est-ce que le Canadien a identifié une autre cible?
Ou est-ce que l’organisation a finalement conclu que le risque dépassait le potentiel?
Une chose est certaine… Anthony Mantha attend encore la réponse qu’il n’a jamais reçue.
Ouch…
