La colère éclate à Montréal : les partisans se retournent contre Kent Hughes

La colère éclate à Montréal : les partisans se retournent contre Kent Hughes

André Soueidan
Le 2026-07-15

La lune de miel n’est pas terminée à Montréal… mais pour la première fois depuis un bon bout de temps, quelques invités commencent sérieusement à regarder leur montre.

La signature d’Anthony Mantha avec les Devils du New Jersey a déclenché exactement le genre de réaction que Kent Hughes aurait probablement préféré éviter en plein mois de juillet.

À lire les partisans sur les réseaux sociaux, le problème dépasse même le Québécois de Longueuil.

Mantha est devenu le symbole d’une frustration qui traînait depuis quelques semaines et qui vient soudainement de trouver une cible.

« Réveille-toi, Kent. »

« Aucun renfort. »

« On ramène essentiellement la même équipe. »

« À quoi sert tout cet espace sous le plafond si ce n’est pas pour améliorer le club? »

Le ton est donné.

Pourtant, Anthony Mantha ne représente pas le sauveur que Montréal attend depuis 1993.

Personne ne va accrocher son chandail au plafond du Centre Bell.

Ses séries éliminatoires ont encore soulevé des questions sur son engagement et sa capacité à élever son jeu lorsque le hockey devient plus difficile.

Plusieurs partisans le soulignent d’ailleurs dans les réactions. Certains sont même soulagés de le voir signer ailleurs.

Sauf que le problème n’est plus vraiment Mantha.

Les partisans du Canadien avaient soif d’un attaquant top-6.

Devant eux se trouvait un Québécois de 6 pieds 5 pouces qui venait de marquer 33 buts, disponible sur le marché et finalement signé pour deux saisons à 4,75 millions de dollars par année.

Dans une LNH où le moindre attaquant capable de remplir le filet coûte une fortune, Mantha n’a pas cassé la banque du New Jersey.

Montréal avait de l’espace. Montréal avait un besoin. Mantha était libre.

Puis il est parti.

Voilà pourquoi la réaction est aussi vive. Plusieurs partisans ne comprennent tout simplement plus ce que Kent Hughes attend.

La critique est sévère, surtout envers un directeur général qui a pourtant accumulé beaucoup de capital de sympathie depuis son arrivée.

Hughes a bâti un jeune noyau excitant, protégé sa masse salariale et refusé les raccourcis dangereux.

Le problème avec l’espoir, c’est qu’un jour, les gens veulent le voir avancer.

À un certain moment, protéger l’avenir ne suffit plus. Il faut aussi commencer à nourrir le présent.

C’est précisément ce qui ressort des réactions entourant Mantha.

Encore une fois, Anthony Mantha n’est que l’étincelle.

Sa signature au New Jersey oblige surtout les partisans à regarder le marché et à compter les chaises qui restent.

Le Canadien cherche depuis longtemps à ajouter du talent offensif.

Chaque fois qu’un nom disparaît, la même question revient : qui y reste?

Kent Hughes mérite évidemment le bénéfice du doute.

Son travail depuis son arrivée démontre qu’il déteste effectuer un geste simplement pour calmer le marché montréalais pendant 48 heures.

S’il a laissé Mantha partir sans livrer une bataille féroce, on peut raisonnablement croire qu’il n’était pas convaincu que le joueur représentait la bonne solution.

Mais cette patience vient maintenant avec une conséquence.

Le prochain geste sera analysé encore plus sévèrement.

Les partisans peuvent accepter qu’Anthony Mantha joue au New Jersey.

Plusieurs n’en voulaient même pas à Montréal.

Ce qu’ils acceptent beaucoup moins facilement, c’est l’idée de commencer une autre saison avec pratiquement le même groupe offensif en espérant que la progression naturelle règle tous les problèmes.

Peut-être que Kent Hughes prépare quelque chose de beaucoup plus gros. Une transaction. Un attaquant que personne ne voit venir. Le fameux geste calculé qui expliquerait pourquoi le Canadien a regardé Mantha signer ailleurs sans paniquer.

On l’espère.

Car si le plan était simplement de patienter encore une fois, les commentaires publiés aujourd’hui donnent un premier avertissement à la direction.

À Montréal, la patience des partisans a toujours une date d’expiration.

Et Anthony Mantha vient peut-être de rapprocher l’échéance.

À suivre…