Interdiction du party extérieur: la mairesse de Montréal brise le coeur de la ville

Interdiction du party extérieur: la mairesse de Montréal brise le coeur de la ville

David Garel
Le 2026-05-24

La nouvelle mairesse de Montréal nous a-t-elle menti?

Soraya Martinez Ferrada aime le Canadien de Montréal. Du moins, c’est ce qu’elle dit.

Elle était devant le Centre Bell avec sa fille, chandail des Canadiens de Montréal sur le dos, sourire aux lèvres, à parler de Coupe Stanley, de parade sur Sainte-Catherine, du bonheur que le hockey apporte à Montréal. Elle disait vouloir une ville qui célèbre le hockey. Une ville vivante. Une ville qui vibre avec son équipe.

Parfait.

Sauf qu’il y a un énorme problème.

Quand vient le temps de réellement faire vivre cette passion-là… Montréal disparaît. Pas de watch party. Pas d’écran géant. Pas de rassemblement officiel pour les matchs à l’étranger.

Ce serait bel et bien la ville qui aurait mis des bâtons dans les roues de Geoff Molson et du Canadien de Montréal. Donc, inutile de lancer des tomates vers le propriétaire du CH.

Pendant ce temps, partout ailleurs dans la LNH, ça se fait.

À Toronto, Jurassic Park (NBA) ou Maple Leafs square est devenu une institution. À Buffalo, les partisans se rassemblaient pour regarder leur équipe ensemble, même à l'étranger. Dans plusieurs marchés de hockey, on comprend une chose simple : quand ton équipe est en séries, surtout aussi loin dans le parcours, tu nourris cette énergie, même à l'extérieur.

Tu la célèbres... pas jusque quand ton équipe joue à la maison.

À Montréal?

On trouve des excuses. Encore et toujours.

Cette fois-ci, le Grand Prix de Formule 1 sert de bouclier parfait. On parle de logistique. On parle de policiers occupés. On parle de sécurité. On parle du spectacle de ZAZ au Centre Bell hier soir. On parle des ressources déjà mobilisées ailleurs.

Oui, évidemment, on comprend qu’un week-end de Grand Prix complique les choses.

Mais le vrai problème, c’est que ça fait trois rondes que ça dure.

À un moment donné, les excuses finissent par sonner "fake".

Surtout quand on regarde la facture. Les taxes municipales viennent encore d’augmenter. 3,8 % en moyenne cette année. 4,3 % pour plusieurs propriétaires de maisons. Encore plus dans certains arrondissements.

On nous parle d’une ville moderne, dynamique, ambitieuse. On nous parle de milliards. D’investissements records. D’une métropole qui veut rayonner.

Mais organiser trois écrans géants dehors pour le plus grand événement sportif que Montréal a connu depuis des décennies?

Ça, visiblement, ce serait trop compliqué. Trop cher parce qu'il faut payer la police.

Sur les réseaux sociaux, la colère monte.

Même des gens qui comprennent la réalité du Grand Prix trouvent l’absence d’alternative ridicule. Au final, personne ne demande un miracle. Personne ne demande de fermer Crescent. Personne ne demande un méga festival à 100 000 personnes.

Les gens demandent juste un minimum une façon de vivre ça ensemble.

Uun parcours des Canadiens de Montréal jusqu’en finale d’association, ça n’arrive pas tous les ans. Et Montréal devrait être la meilleure ville de hockey au monde et non une ville qui a l’air de s’excuser d’aimer le hockey.

Le plus ridicule dans cette saga: a mairesse elle-même l’a dit.

“On veut une ville qui célèbre le hockey.”

Hum..

Alors pourquoi Montréal agit exactement à l’inverse?

Pourquoi Québec est capable de vendre plus de 12 000 billets au Centre Vidéotron pour un party de visionnement… pendant que Montréal, la ville du Canadien, n’est même pas capable de mettre un écran dehors?

La réalité est que la mairesse voulait protéger l’image de Montréal devant la planète F1.

"Fine".

Mais là encore, une question revient sans cesse :

Pourquoi payons-nous autant de taxes si la ville n’est même pas capable d’encadrer un événement rassembleur qui ferait vibrer des dizaines de milliers de personnes?

On investit partout. On paie plus cher partout. Mais quand vient le temps de donner quelque chose aux citoyens?

Silence radio.

Le Canadien est en train d’offrir à Montréal quelque chose qu’aucun politicien n’est capable d’acheter : de l’espoir, de la fierté, un sentiment d’unité.

Mais au lieu d’embarquer pleinement dans cette vague, Montréal donne encore l’impression d’une ville qui a peur d’elle-même.

Pour une ville qui se proclame capitale mondiale du hockey… c’est gênant.