Fin de parcours à Montréal : Kirby Dach et les millions disparus

Fin de parcours à Montréal : Kirby Dach et les millions disparus

Par André Soueidan le 2026-04-03

Un malaise qui ne se cache plus… et une réalité qui finit toujours par rattraper.

Parce qu’au moment même où le Canadien enchaîne les victoires, où la machine tourne à plein régime, où chaque joueur semble trouver sa place… un dossier refait surface. Pas bruyamment. Pas avec fracas. Mais avec un poids lourd.

Celui de Kirby Dach.

La discussion a pris vie sur le podcast Hockey with an Accent, alors que Maxime Lapierre a mis le doigt sur un dilemme que tout le monde commence à voir venir. Le Canadien gagne. Le groupe fonctionne. Et pourtant… deux noms s’apprêtent à revenir dans l’alignement : Dach et Alexandre Texier.

Et c’est là que ça devient intéressant.

Parce que Lapierre ne parle pas seulement de hockey. Il parle comme un gestionnaire. Comme quelqu’un qui regarde plus loin que le prochain match.

« Si tu ne penses pas le resigner… pourquoi tu ne ferais pas jouer un gars qui va être là pour les prochaines années? »

Le message est clair. Froid. Calculé.

Parce que pendant que Dach représente encore un point d’interrogation… Texier, lui, représente une certitude. Un contrat en poche. Un rôle défini. Une contribution réaliste dans un alignement de séries.

Et c’est là que tout bascule.

Revenons en arrière.

Septembre 2022. Le Canadien fait l’acquisition de Kirby Dach. Un ancien troisième choix au total. Un joueur blessé, fragile, mais plein de promesses. On lui donne un contrat de quatre ans, 13,45 millions. Un pari. Un vrai.

L’idée était simple.

Le relancer. Le développer. En faire un centre top-6. Peut-être même le fameux deuxième centre que Montréal cherche depuis des années.

Quatre ans plus tard…

On est exactement au même point.

Même incertitude. Même flou. Même questions.

Sauf qu’une chose a changé.

Le dossier médical.

Blessures. Rechutes. opérations. Séquences interrompues. Difficulté à enchaîner. Difficulté à définir un rôle. Centre? Ailier? Joueur d’impact? Joueur de soutien?

Personne ne le sait vraiment.

Et ça, c’est fatal dans la LNH moderne.

Parce que pendant ce temps-là, le Canadien a avancé.

L’équipe a évolué. Le noyau s’est installé. Des joueurs ont pris leur place. D’autres ont dépassé les attentes. Et soudainement… Dach ne fait plus partie de l’équation évidente.

Pas parce qu’il n’a pas de talent.

Mais parce qu’il n’a jamais réussi à le stabiliser.

Et c’est là que le mot devient inévitable.

Échec.

Un échec de projection. Un échec de développement. Un échec de timing.

Parce que l’organisation, à ce stade-ci, aurait dû savoir exactement ce qu’elle avait entre les mains. Elle aurait dû être en position de dire : oui, on le signe à long terme. Oui, il fait partie du cœur de l’équipe.

Mais ce n’est pas le cas.

Et pire encore…

Même Dach ne peut pas se permettre d’accepter un contrat à long terme.

Avec sa production. Avec son historique de blessures. Avec son irrégularité… ce serait un pari risqué pour lui aussi.

Résultat?

Un cul-de-sac.

Un joueur qui devra signer à court terme. Se prouver. Repartir presque à zéro. Encore.

Comme en 2022.

Sauf que cette fois… le contexte est différent.

Le Canadien n’attend plus.

Le Canadien gagne.

Et dans une équipe qui gagne, les décisions deviennent cruelles.

Parce que pendant que Dach tente encore de se définir… Texier, lui, peut embarquer demain matin et faire exactement ce qu’on lui demande. Jouer vite. Jouer simple. Jouer dans un rôle clair.

Et c’est exactement ce que Lapierre soulève.

Pourquoi investir du temps de jeu dans un joueur qui pourrait partir… quand tu peux développer celui qui sera là?

La question dérange.

Mais elle est légitime.

Et elle révèle quelque chose de plus profond.

Quelque chose qui s’est brisé dans ce dossier-là.

Pas nécessairement le joueur.

Mais le fit.

Le timing.

La trajectoire.

Parce qu’au final, ce n’est pas toujours une question de talent.

C’est une question de moment.

Et en ce moment…

Kirby Dach arrive trop tard.

Trop tard pour s’imposer.

Trop tard pour sécuriser sa place.

Trop tard pour justifier les millions investis.

Et pendant que le Canadien avance sans lui…

Le constat devient de plus en plus difficile à éviter.

Quatre ans. 13,45 millions. Et aucune réponse claire.

Ouch…