On a ressenti un malaise vendredi matin à Raleigh.
Et il est venu d’un joueur qu’on s’attendait pourtant à entendre respirer davantage la confiance : Mike Matheson.
Au moment où les Canadiens de Montréal jouent leur survie, au moment où le message officiel tourne autour de la croyance, du fameux « une game à la fois », de la remontée impossible qui doit commencer maintenant… Matheson a offert une réponse qui a laissé bien des gens perplexes.
Quand on lui a demandé si le Canadien pouvait vraiment gagner trois matchs de suite pour revenir dans cette série, le défenseur a eu une réponse franchement étonnante.
« Est-ce qu’on peut gagner trois matchs de suite? Je ne suis pas sûr. Mais est-ce qu’on peut gagner un match ce soir? Je pense que oui. »
Ouf.
On comprend l’idée derrière le message. On comprend qu’il veut rester dans le moment présent. Une game à la fois. Une présence à la fois. Le même discours que Martin St-Louis martèle depuis des jours.
Mais quand même.
À ce stade-ci, est-ce qu’un leader peut vraiment répondre qu’il n’est « pas sûr » que son équipe peut gagner trois matchs de suite?
On parle de Mike Matheson ici. Un vétéran et leader du vestiaire. Un gars qui mange des minutes énormes et qui est supposé envoyer un message de confiance absolue dans un moment où ton groupe est sur le bord du gouffre.
Tu n’as presque pas le choix d’y croire.
Même si intérieurement tu as des doutes. Même si la Caroline domine depuis trois matchs. Même si le Canadien de Montréal semble à bout de souffle offensivement. Même si les Hurricanes de la Caroline étouffent littéralement chaque tentative de relance.
Tu dois y croire publiquement.
Nick Suzuki, lui, a envoyé un message complètement différent.
Le capitaine est revenu sur la fameuse remontée de 2021 contre les Maple Leafs de Toronto. Il a même raconté que Lane Hutson lui avait posé des questions sur cette série.
« Ce n’est pas une seule chose qui a changé la donne dans le cinquième match. Ce sont plein de petits jeux ici et là. Des petits jeux qui nous ont menés à cette victoire et qui ont fait grandir la confiance qu’on pouvait renverser la situation. »
Ça, c’est un capitaine qui essaie de nourrir l’espoir et un leader qui rappelle à son vestiaire qu’ils l’ont déjà vécu.
Et pendant ce temps, Juraj Slafkovsky a lancé un défi à lui-même.
Après des séries tellement inconstantes, après trois matchs très discrets où il totalise aucun but, aucune passe, seulement trois tirs au but et un différentiel de -4, le gros ailier slovaque a reconnu que le moment était arrivé.
« C’est à moi de livrer ce soir. »
Martin St-Louis a pratiquement envoyé un message à Slafkovsky plus tôt dans la journée.
Quand on lui a demandé ce qu’il voulait voir de son gros ailier dans une série aussi physique, le coach a répondu :
« Comme le reste du groupe, Juraj serait probablement le premier à dire qu’on doit être meilleurs. Ça commence individuellement. »
Le temps des promesses est terminé.
Juraj Slafkovsky aime la pression. Il l’a toujours dit depuis qu’il a été repêché premier au total par les Canadiens de Montréal.
Eh bien voilà.
La pression est là. Et si le Canadien veut seulement rêver à un retour à Montréal pour un sixième match, ça va prendre bien plus qu’un beau discours.
Pendant que Suzuki et Slaf nourrissent encore l’espoir… les réponses de Matheson ont laissé un drôle de silence planer au-dessus du vestiaire.
On peut sentir le malaise à des milliers de kilomètres.
