Un an après la transaction qui a envoyé Noah Dobson à Montréal, Mathieu Darche commence à voir sa réputation s'effondrer.
À l’époque, le nouveau directeur général des Islanders avait une justification parfaitement défendable : il ne voulait pas donner à Dobson les 9,5 millions $ par année que le Canadien était prêt à lui offrir, et plutôt que de risquer de le perdre sans compensation, il a décidé de maximiser sa valeur.
Darche l’a lui-même expliqué quelques mois plus tard : selon lui, il n’y avait aucune animosité avec Dobson et il croyait simplement avoir fixé une valeur qu’il ne voulait pas dépasser.
Sur papier, le raisonnement se défendait.
Mais le problème, c’est ce que Darche a fait avec les deux choix obtenus en retour.
Montréal a envoyé les 16e et 17e choix du repêchage 2025 ainsi qu’Emil Heineman à Long Island pour obtenir Dobson, avant de lui consentir une entente de huit ans et 76 millions $. Les Islanders ont donc sélectionné Victor Eklund au 16e rang et Kashawn Aitcheson au 17e.
Et aujourd’hui, l'expert des espoirs pour The Athletic, Corey Pronman, vient de faire quelque chose qui risque de faire très mal à Mathieu Darche.
Il a refait le repêchage 2025 un an plus tard.
Et Alexander Zharovsky, le jeune Russe que le Canadien a réussi à sélectionner au deuxième tour après avoir échangé ses deux choix de première ronde, est monté en flèche.
Du 34e rang jusqu’au 11e.
C’est énorme.
Zharovsky devient ainsi l’un des joueurs qui ont le plus progressé dans cette nouvelle évaluation de la cuvée 2025. Et surtout, aucun joueur sélectionné à l’extérieur de la première ronde ne se retrouve aussi haut que lui dans le classement de Pronman.
Pendant ce temps, Victor Eklund, choisi avec le 16e choix appartenant initialement à Montréal, recule du 16e au 27e rang.
Kashawn Aitcheson fait mieux : il monte du 17e au huitième rang.
Montréal a obtenu Noah Dobson ET Alexander Zharovsky, alors que les Islanders ont obtenu Emil Heineman, Victor Eklund et Kashawn Aitcheson.
Une transaction synonyme de vol.
Le joueur NHL établi est à Montréal. Le jeune espoir qui explose dans les classements est également à Montréal.
C'est embarrassant pour Darche.
Mais quand tu échanges un défenseur droitier de 25 ans qui avait déjà connu une saison de 70 points pour deux choix de première ronde et un attaquant, tu dois éventuellement être capable de regarder les joueurs sélectionnés avec ces choix et de dire : voilà pourquoi je l’ai fait.
Pour l’instant, Montréal possède une réponse beaucoup plus convaincante.
Et même d’autres espoirs sélectionnés par le Canadien ont progressé de façon spectaculaire. Bryce Pickford, par exemple, passe du 81e rang initial au 37e dans cette nouvelle évaluation, tandis qu’Alexis Cournoyer et Carlos Handel font eux aussi leur entrée dans le top-80 selon Pronman.
Patrick Roy a-t-il gâché le début de carrière du pauvre Darche?
Lorsque le DG est arrivé chez les Islanders, Patrick Roy était encore l’entraîneur-chef et il est demeuré en poste pour commencer la saison suivante. (il a été congédié 4 matchs avant la fin de la saison).
Darche a ensuite expliqué publiquement qu’il n’y avait aucune animosité entre lui et Dobson et qu’il avait simplement décidé de ne pas payer le prix demandé.
Mais la réalité est que Roy ne voulait plus de Dobson dans sa chambre. Il le trouvait trop lâche... trop soft... trop effrayé de se salir le nez.
Et c’est là que le Canadien a profité de la situation pour obtenir son défenseur droitier capable de jouer énormément de minutes, de déplacer la rondelle et de devenir une pièce majeure de sa brigade défensive.
Darche avait lui-même déclaré que les deux équipes pouvaient gagner la transaction. Il expliquait qu’il espérait que ses deux choix de repêchage l’aideraient pendant plusieurs années et que, selon lui, les meilleures transactions étaient celles où les deux organisations obtenaient ce dont elles avaient besoin.
Darche a choisi Eklund et Aitcheson.
Kent Hughes a trouvé une façon de récupérer Zharovsky au 34e rang.
Et un an plus tard, Pronman place Zharovsky 16 positions devant Eklund.
La preuve définitive que Montréal a volé les Islanders.
Puis il y a l’autre problème.
Quelques mois seulement après avoir échangé Dobson, Darche a aussi décidé de devenir acheteur à la date limite en allant chercher Brayden Schenn.
Tu refuses de payer un défenseur de 25 ans parce que tu veux contrôler tes actifs à long terme.
Puis quelques mois plus tard, tu donnes des actifs importants pour un vétéran de 34 ans afin d’essayer de gagner immédiatement.
Brayden Schenn a lui-même expliqué pourquoi il avait accepté de rejoindre les Islanders : après avoir remporté la Coupe Stanley à St. Louis, il voulait retrouver une équipe capable de gagner immédiatement, et Darche lui a présenté les Islanders comme une formation avec suffisamment de talent autour d’Ilya Sorokin, Bo Horvat, Mathew Barzal et Matthew Schaefer pour viser les séries.
Schenn, qui a encore deux ans à 6,5 M$ par saison à son contrat, a donc accepté de lever sa clause de non-échange.
Quelques mois après avoir échangé Noah Dobson pour miser sur l’avenir, il a sacrifié un choix de première ronde, un choix de troisième ronde, Jonathan Drouin (salary dump) et Marcus Gidlof (un espoir gardien) pour un vétéran de 34 ans afin de gagner maintenant.
Tu ne peux pas simultanément expliquer que Dobson devait être sacrifié pour bâtir l’avenir et agir comme si les Islanders étaient prêts à faire une poussée vers la Coupe Stanley à court terme.
Il fallait choisir une direction.
Darche a voulu faire les deux.
Et maintenant, il doit vivre avec les conséquences.
Sa réputation est au fond du trou... après seulement un an à la barre de l'équipe.
Ouch.
