45 000 dollars par publicité: Gary Bettman envoie un message à Pierre-Karl Péladeau

45 000 dollars par publicité: Gary Bettman envoie un message à Pierre-Karl Péladeau

David Garel
Le 2026-05-25

Les Canadiens de Montréal valent maintenant une fortune pour TVA Sports... q

Quand les Canadiens de Montréal jouent en séries, ce n’est plus juste du hockey. C’est une machine à cash.

Pendant qu’au Groupe TVA on annule des émissions, on coupe des budgets, on réduit les cachets des vedettes et Pierre Karl Péladeau parle carrément de « casse-pipe » si rien ne change, TVA Sports vit probablement les semaines les plus rentables de son existence.

Et les chiffres donnent le vertige.

Selon les estimations du spécialiste en marketing sportif Luc Dupont, une publicité traditionnelle de 30 secondes pendant un match éliminatoire des Canadiens de Montréal pourrait se vendre entre 25 000 $ et 45 000 $ sur TVA Sports.

On parle ici d’un seul spot publicitaire.

Trente secondes.

Quand le match attire 1,5 à 2 millions de téléspectateurs, ce n’est plus comparable à la télévision traditionnelle québécoise. On entre dans une autre catégorie.

Un match numéro sept contre les Sabres de Buffalo a attiré environ 1,7 million de téléspectateurs en moyenne, avec des pointes au-dessus de deux millions, sans même compter les gens qui regardaient en anglais sur Sportsnet ou CBC, ni les plateformes numériques comme TVA Sports Direct ou illico+.

Et là, le calcul donne des sueurs froides dans le dos.

Un match éliminatoire contient plusieurs pauses commerciales, souvent remplies de publicités premium : RONA, BMR, Patrick Morin, Ford, Dodge, CANAC, les grandes banques, les paris sportifs, les télécommunications.

Des commandites intégrées.

Des mentions lues en ondes.

Des segments pour l'avantage numérique.

Des intégrations de marque directement dans le match.

Même les petites transitions valent de l’or.

Quand Félix Séguin mentionne un élément commandité pendant la diffusion, ce n’est pas gratuit. Chaque intégration a une valeur.

Chaque présence de marque compte.

Et c’est précisément pour ça que selon le journaliste Maxime Truman, TVA Sports va afficher un bénéfice pour la première fois de son histoire.

La station qui aurait englouti près de 300 millions de dollars depuis son lancement en 2011 pourrait finalement finir dans le vert.

Grâce aux Canadiens de Montréal et aux séries et surtout, grâce à une province complètement obsédée par son club de hockey.

Mais attention: ce succès arrive avec un immense paradoxe.

Pendant qu’une seule série des Canadiens de Montréal remplit les coffres, le reste du Groupe TVA souffre.

Pierre Karl Péladeau a lui-même envoyé un message brutal à son industrie.

« Tout le monde va devoir accepter de couper son salaire. Sinon, on s’en va tous ensemble au casse-pipe. »

Ce n’était pas une phrase lancée en l’air.

TVA annule des productions, réduit les coûts, cherche des dérogations syndicales, coupe les salaires de plusieurs têtes d’affiche.

Des vedettes ont accepté des baisses allant jusqu’à 30 % de leur rémunération pour sauver leurs émissions.

Guy Jodoin a lui-même reconnu que cette nouvelle réalité financière avait joué dans sa décision de quitter Le Tricheur après quinze ans.

Et pendant ce temps…

TVA Sports imprime enfin de l’argent.

Voilà pourquoi le dossier des droits télé de la LNH devient capital.

Aujourd’hui, Gary Bettman et Rogers, qui doivent vendre la sous-licence française pour les droits nationaux, savent exactement ce qu’ils possèdent.

Ils voient les chiffres et les cotes d’écoute.

Il voient le Québec complètement paralysé devant les matchs des Canadiens de Montréal.

Et plus les Canadiens avancent, plus la facture monte.

Selon nos informations, TVA Sports et Rogers étaient à deux doigts d'une entente pour les droits nationaux au début des séries.

Certains parlaient même de 39 matchs et les séries, considérant que Bell-RDS a déjà acheté 45 matchs du CH.

TVA Sports a besoin du hockey. Surtout depuis que la station a perdu près de 300 millions de dollars depuis sa naissance en 2011.

Le CH était tellement atroce que le contrat signé avec la LNH pour 720 millions de dollars étalés sur 12 ans en novembre 2013 a mal viré.

Mais maintenant, avec le CH qui est devenu une puissance, oe hockey n’est plus seulement un produit sportif.

C’est le moteur.

Le produit capable de garder des abonnés, de vendre de la publicité et de faire vivre une chaîne spécialisée.

Pierre Karl Péladeau a d’ailleurs pratiquement confirmé la tendance.

« C’est possible que l’on puisse regarder le hockey sur TVA Sports l’an prochain », a-t-il déclaré, tout en précisant que les négociations avec Rogers étaient « très avancées ».

Mais là, Bettman et Rogers ont fait monter les enchères.

Mais à quel prix?

C’est la vraie question.

Comme Rogers réclame beaucoup plus d’argent, il faudra bien trouver cet argent quelque part.

Voilà pouruqoi plusieurs artisans de TVA grincent des dents.

Car dans les corridors du groupe, certains commencent à voir un portrait clair : tout semble être sacrifié pour garder le hockey vivant.

On demande à tout le monde chez Groupe TVA de couper leurs salaires, des artistes aux caméramans en passant par les réalisateurs.

Pendant qu’au sommet, on prépare un nouveau chèque colossal pour conserver les droits du sport roi.

Chaque victoire des Canadiens de Montréal augmente encore davantage la valeur du produit.

Le prix grimpe.

Le levier de Bettman augmente.

Et TVA Sports se retrouve dans une drôle de position : les Canadiens de Montréal sont peut-être en train de sauver la chaîne… tout en rendant sa survie encore plus coûteuse.

45 000 dollars dans les poches par publicité... mais bientôt beaucoup plus d'un milliard de dollars dépensés pour garder les droits...

Si en 2013, il avait dépensé 720 millions pour 22 matchs par année et les séries.

Imaginez en 2026... pour 38 matchs et les séries.

Ouch.